le Sentier des Orchidées Chemin des Planètes

le Sentier des Orchidées Chemin des Planètes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Aux abords de Talairan, à quelques kilomètres du cellier du domaine viticole Serres-Mazard, se trouve une curiosité qui vaut le détour : le Sentier des Orchidées Chemin des Planètes. Derrière cette balade insolite, se trouve un amoureux passionné du Territoire, du Terroir, de son village : Jean-Pierre MAZARD qui, en plus de produire, avec sa Famille, d’excellents vins des Corbières en agriculture raisonnée, invite le public à découvrir le monde merveilleux de la garrigue.

Comment vous est venue cette idée de créer le Sentier des Orchidées Chemin des Planètes ?

Jean-Pierre Mazard : Quand j’ai créé le cellier en 1990, j’ai tout de suite eu l’idée de faire quelque chose de différent, pour me démarquer : une visite du cellier commentée et de ses environs. Un jour où je rentrais de la vigne, au volant de mon tracteur, j’ai aperçu deux hommes couchés sur le sol, dans un de mes champs, en train de prendre des photos… « On cherche des Orchidées Sauvages », m’ont-ils répondu quand je leur ai demandé ce qu’ils trafiquaient. Alors j’ai sauté de mon tracteur, on a commencé à discuter, et j’ai découvert au fil de la discussion que ces terres étaient peuplées de superbes fleurs… J’avais envisagé une thématique pour le Cellier : la truffe. Mais quand ils m’ont parlé des Orchidées Sauvages, j’ai tout de suite été emballé ! La Truffe et L’Orchidée Sauvage devenaient la thématique de notre Cellier...

Vous étiez donc totalement novice dans le domaine des fleurs ?

J.-P. M. : A l’époque, je ne m’y intéressais pas beaucoup! Ce sont Malou DURAND et Pierre SALVADOR REXACH, deux amoureux de ces fleurs, qui m’ont intronisé dans le monde de l’Orchidée, suivi par tant d’autres personnes, passionnées et passionnantes qui pour beaucoup aujourd’hui sont devenues des amis. De fil en aiguille, je me suis intéressé aussi par tout ce qu’il y avait autour. Quand tu aimes les fleurs, tu finis par lever la tête, là tu vois les arbrisseaux, les arbres, puis le ciel et les astres…

 

Quand avez-vous créé le sentier des orchidées Chemin des Planètes ?

J.-P. M. : Dès 1993, j’ai commencé à faire du Tourisme Vigneron. Je prenais des gens et je les emmenais sur un chemin, leur expliquais des choses sur le Territoire, le Terroir, l’Appellation, etc. Mais j’ai attendu 2006 pour créer le Sentier tel qu’il existe aujourd’hui. J’ai pu le faire grâce aux pôles d’excellence rurale mis en place par Dominique de VILLEPIN. Je me suis donc lancé dans l’aventure, et ce en dépit des réticences de la famille. J’ai mis 4 ans pour créer ce Sentier, qui a ouvert en 2010.

 

S’il a fallu 4 années entières pour le construire, ce ne doit pas être n’importe quel Sentier…

J.-P. M. : J’ai 35 hectares de garrigue d’un seul tenant, sur lesquels sont plantés 16 hectares de vignes. J’ai fait courir un sentier d’1,5km entre Garrigue et Vigne, et positionné 16 pupitres. Chaque pupitre a un thème, et chaque thème correspond à quelque chose du lieu : le puits, les orchidées, les petits habitants de la garrigue, le vent, les arbres, la chasse, la truffe, etc.  Tous les panneaux me permettent de faire des choses ludiques. Par exemple, sur le premier - le puits - je donne aux gens des baguettes de sourcier en métal pour leur faire chercher l’eau…

 

Et les Orchidées Sauvages dans tout ça ?

J.-P. M. : La meilleure période pour les voir est le printemps, entre le 15 mars et le 15 juin grosso modo. Nous avons plusieurs sortes d’espèces, D’Ophrys et D’Orchis dont une variété très rare : la Bertolonii Catalaunica et Magniflora. Mais j’avoue qu’on parle aussi de la Flore en général, de la Faune, d’architecture rurale, de la Truffe, etc. Pas seulement des Orchidées.

 

De quoi parle-t-on hormis les Orchidées Sauvages ?

J.-P. M. : On parle de la vie secrète de la garrigue. J’ai appelé la balade « dégustation de garrigue » car la garrigue se déguste aussi avec le nez, les yeux et les oreilles… Ensuite sur le sentier, on rencontre également table d’orientation, cadrans solaires, rose des vents, etc.  Après une balade sous les pins, on arrive sur le « Chemin des Planètes ».

 

Qu’est-ce que le chemin des planètes ?

J.-P. M. : Il s’agit d’un chemin de 250 mètres de long, à l’extrémité duquel se trouve le soleil – une sculpture en métal de 2 mètres de diamètre. Et tout le long des 250 mètres, sont placées, à l’échelle des grandeurs et des distances, les planètes de notre système solaire. Chaque planète possède sa fiche technique, réalisée par les enfants des écoles qui jouxtent Talairan. L’an dernier, avec l’Inspecteur et les Conseillers Pédagogiques, nous avons créé des quizz pour le cycle 2 et 3, et avec le collège de L’Amandier un quizz pour les ados. Du coup, lorsqu’ils arrivent sur notre Sentier, les parents jouent avec les enfants et vice-versa, c’est très amusant de les voir jouer ensemble !

 

Pouvez-vous nous décrire le parcours ?

J.-P. M. : Les gens qui aiment marcher peuvent venir me rejoindre à pied au point de départ de la balade, depuis le cellier de notre domaine viticole Serres-Mazard. Cela prend une petite heure, c’est une marche très facile pour arriver au départ de la balade. Puis la visite démarre et dure 2h30 environ, parfois plus. C’est toujours moi qui fais le guide. Les visiteurs peuvent rester déjeuner sur l’aire de pique-nique aménagée dans un bosquet de cyprès. Le sentier possède aussi des WC secs, des poubelles, un parking pour le public handicapé (le Sentier et le Cellier sont homologués « Tourisme&Handicap »), ainsi qu’une zone de flânerie que j’ai baptisée « rêverie sous les pins », avec quelques bancs pour se reposer… Puis les promeneurs peuvent redescendre au cellier par un autre chemin, et je leur fais ensuite la visite commentée du cellier, qui se termine par une dégustation des vins de notre Domaine.

 

Quel est le coût de cette journée de visite et quand le chemin est-il ouvert ?

J.-P. M. : Le coût est de 10€ pour la visite complète (Sentier et Cellier). Le chemin est ouvert toute l’année ! Mais les visites guidées se font uniquement sur rendez-vous. Il faut se renseigner en téléphonant au Domaine. Ce chemin est privé mais nous l’ouvrons au public, qui doit être respectueux de la nature et de l’environnement.

 

Qu’est-ce qui vous plaît le plus lors de ces visites ?

J.-P. M. : Au panneau des Orchidées, je me plais à raconter pourquoi les visiteurs sont là avec moi pour cette petite randonnée. Un peu plus loin pendant toute une minute, je m’arrête et je ne parle plus. Au début surtout, c’était pesant pour moi, car les gens ne comprennent pas. Mais en même temps, sans le vouloir, ils écoutent, ils regardent, ils sentent… Puis je leur dis : « Vous venez de pénétrer la garrigue ». Ce qui me touche le plus, ce sont les personnes qui me disent que désormais, elles regarderont la garrigue autrement. Le passé et l’avenir de la Région, de notre Terroir, de l’Appellation, les Bergeries, les Murets, les Truffes… Les sujets que j’aborde sont tellement variés ! Je me passionne pour ce sentier. Cela me permet de me cultiver aussi et je me documente sans cesse…

 

Qu’est-ce qui vous a donné le plus de fil à retordre ?

J.-P. M. : La rédaction des textes explicatifs des 16 panneaux thématiques qui jalonnent le parcours ! Car d’abord, je suis Vigneron. Très engagé, je militais dans diverses organisations professionnelles et autres. Par conséquent, je manquais de temps pour me consacrer qu’à l’écriture. J’ai rédigé ces panneaux moi-même, heureusement avec l’aide d’une amie Ecrivain Public, Corinne Bourdereau, qui vérifiait la justesse de mes propos et qui a amené son petit grain de sel. Sans elle, je ne m’en serais jamais aussi bien sorti ! J’ai demandé aussi à plusieurs personnes de m’aider pour l’écriture de panneaux, où mes connaissances étaient limitées. Pour terminer la rédaction de certains, comme celui des Orchidées, des Petits Habitants de la Garrigue et quelques autres, je me suis carrément retiré à la montagne pendant plusieurs jours, pour me consacrer uniquement à l’écriture et oublier les soucis quotidiens qui m’empêchaient de me concentrer ! Il me tardait de les terminer, pour enfin pouvoir les placer et inaugurer le Sentier. Quatre ans s’étaient écoulés…