Jean-Pierre Py

Rencontres vigneronnes
Jean-Pierre Py
Delphine Maymil et Éric Virion
Cyril Fito
Jérôme Estève
Daniel Sendrous
Robert Joyeux et Julien Maurs
Etienne Besancenot
Nanping Gao & Hermino Cabeceiro
Frédéric Bousquet
Anne & Jean Lignères
Frédéric Vrinat
Martine Pagès
Xavier Capman
Louis Fabre
Thierry Tastu

RENCONTRES VIGNERONNES

Jean-Pierre Py

Interview de Jean-Pierre Py du Domaine Py

Jean Pierre Py, vigneron à Douzens, multiplie les initiatives et bouillonne d’idées pour développer les vins des Corbières.

Pourquoi avez-vous choisi la vigne pour métier ?

Je n’ai pas toujours été vigneron. Après des études dans le sport, le rugby m’a amené dans le Vaucluse où j’ai intégré le Conseil Départemental et passé plusieurs années. Puis peu à peu, l’envie de revenir dans les Corbières pour reprendre les vignes familiales et m’installer comme vigneron a fait son chemin.

 

Le Domaine Py est donc un héritage familial ?

Pas vraiment. Mon père possédait des vignes mais pas de cave. Après avoir trouvé les bâtiments adéquats, fait de nombreux travaux et investissements, j’ai réalisé mes premières vinifications en 2003. Depuis il y a eu la conversion en agriculture biologique et l’élaboration des cuvées Jules Antoine, 3ème cuvée... Le Domaine est en constante évolution, avec mon épouse nous imaginons sans cesse son avenir.

Avec mon épouse et mes 3 garçons nous sommes très attentifs à l’environnement, nous essayons le plus possible de consommer bio et local, de limiter nos déchets, de recycler. Ces préoccupations se retrouvent dans mon travail, la qualité des vins produits et des conditions de travail des personnes qui participent à leur élaboration est une priorité.

Comment avez-vous appris le métier ?

En observant, en me formant, en écoutant et en travaillant, après plusieurs années passées en pluriactivité, entre le Conseil Départemental de l’Aude, la cave et les vignes. Je travaille aujourd’hui à plein temps sur le Domaine, en étroite collaboration avec Fernando l’œnologue et maître de Chai, Stéphane responsable de la partie vignoble, ainsi que Jacques Trannoy, œnologue conseil qui nous suit depuis le début de l’aventure.

 

Quelle est la production du Domaine Py en vins des Corbières ?

Les AOC Corbières représentent 40 hectares du vignoble. Notre gamme Corbières compte 3 rouges, un rosé et un blanc.

Quels types de vins cherchez-vous à créer ?

Nous essayons de nous démarquer, en élaborant des vins plus fruités et faciles à boire qui correspondent mieux aux attentes des consommateurs. Notre rosé par exemple, est un vin plaisir, de partage. Deux de nos rouges ont gardé une identité de vins fruités, tandis que la cuvée Lucien est plutôt un vin de garde, à boire pour accompagner un bon repas. Quant à notre blanc qui est élevé en barrique, Grenache blanc, Vermentino et Roussanne lui confèrent une très belle complexité.

 

Quels sont vos projets en cours ?

Dans les deux ans, nous avons prévu de sortir un rouge 100% Carignan vieilles vignes centenaires, produit à partir de vignes plantées par mon grand-père.

 

Quelle est votre gamme de prix ?

Nos bouteilles se vendent entre 6,50€ et 16€.

 

Pourquoi le Bio ?

La conversion du Domaine a commencé en 2008, le vignoble est labellisé agriculture biologique depuis 2011. Cultiver 135 hectares de vignes en bio n’était pas gagné d’avance. Cela représente des investissements, des contraintes, du personnel, une organisation du travail étroitement liée à la météo.... en même temps la conversion apparaissait comme une évidence. Quand on doit porter des masques et des gants pour passer des produits phytosanitaires, il faut se poser la question des dégâts produits sur les individus et sur les sols : ne détruit-on pas toute une flore naturelle qui se trouve dans la vigne ?

 

Comment voyez-vous l’avenir des vins des Corbières ?

Nous sommes à un tournant. Il ne faut pas se louper sur ce que l‘on veut ... Je pense qu’il serait bon d’ouvrir notre champ de prospection à de nouveaux cépages, notamment des cépages résistants à la sécheresse, mais aussi aux maladies afin de réduire les traitements. En effet, les conditions climatiques actuelles sont complètement différentes de celles que les Corbières ont connues il y a 40 ans. Ne faut-il pas s’appuyer sur ces changements pour aller vers d’autres manières de produire ou de faire notre Corbières ?

 

Comment voyez-vous votre rôle de vigneron ?

Je suis foncièrement attaché à mes Corbières, mon terroir, mes racines. A mon sens, le rôle du vigneron dans son terroir va au-delà de la production du vin : il s’agit avant tout de partage et de découverte. Pour faire découvrir nos Corbières, il faut partager notre savoir, notre mode de vie, ouvrir nos caveaux, expliquer comment on produit nos vins et ne pas hésiter à surprendre.

 

Concrètement, comment faites-vous partager votre passion des Corbières ?

Avec 4 autres vignerons du village, le Domaine des Fontenelles, le Domaine Sainte-Marie des Crozes, le Domaine Régazel et la Colline de l’hirondelle, nous avons créé il y a plus d’un an, l’association Made In Douzens. Chaque premier dimanche du mois nous ouvrons nos caveaux pour des dégustations, suivies d’une petite restauration. L’idée est de faire connaître nos vins et de partager nos passions et nos valeurs. Ce sont toujours des moments conviviaux et riches en rencontres. Au-delà de notre passion commune pour le vin et notre terroir, nous nous entraidons et ne nous considérons pas comme des concurrents. Nous aspirons tous à faire connaître nos produits et promouvoir notre terroir. Toutes nos bouteilles portent d’ailleurs la mention « Made In Douzens ».