Le développement durable en actions

Mise en place de la REUSE en Corbières

Avez-vous entendu parler de la RÉUSE ? Ce système de micro-irrigation est destiné à pallier le stress hydrique de la vigne, tout en dépolluant le milieu aquatique. Lilian Copovi, instigateur et artisan de la mise en place de la RÉUSE dans les Corbières, nous dit tout sur ce projet novateur.

 

Qu’est-ce que la RÉUSE ?

Cela signifie « Réutilisation des Eaux Usées de Stations d’Épuration ». Je me suis très tôt penché sur les ressources qui seront à la disposition du vigneron dans le futur. Et j’ai trouvé cette ressource, pérenne à mon sens, et qui devrait croître ! Il s’agit de récupérer une partie des eaux usées, de les stocker et les filtrer avant de les réutiliser dans les vignes.

 

Pouvez-vous nous parler de la genèse du projet ?

J’ai monté un premier projet pilote sur la commune de Roquefort, qui fait 16 hectares, à partir des eaux de la station de Roquefort. Le projet a démarré l’an dernier. Il a coûté 480 000 euros et j’ai réussi à lever des fonds pour qu’il ne coûte rien à l’agriculteur. Avec la sécheresse et la canicule de l’an dernier, on peut presque dire que le projet a sauvé le vignoble !

 

Comment fonctionne ce projet d’irrigation ?

Je préfère parler de « « micro-irrigation » car les quantités d’eau sont minimes. Il ne s’agit pas d’arroser la vigne mais de pallier le stress hydrique et maintenir un potentiel de production quasi nivelé. Cela rassure économiquement.

 

Envisagez-vous d’étendre le projet aux communes voisines de Roquefort ?

Forts de cette réussite sur Roquefort, nous travaillons un second projet à partir de la station de La Franqui. Une petite quarantaine d’hectares pourrait en bénéficier. Et je fais un peu de lobbying auprès des maires des communes qui envisageraient d’implanter de nouvelles stations d’épuration. Je leur suggère de le faire près de vignobles…

 

Pourquoi ne pas essayer de le faire à plus grande échelle ?

Pour une question d’argent : je n’arrive pas à trouver suffisamment de fonds ! Pourtant, le potentiel sur Roquefort concernait initialement 40 hectares, alors qu’on n’en a choisi que 16. Quant à La Franqui, on pourrait toucher 106 hectares, mais on ne repart que sur 30 hectares… Pour le moment, on se cantonne donc à des projets expérimentaux sur des surfaces réduites.

 

Pouvez-vous mesurer les résultats de ce projet ?

Il va y avoir 3 ans de mesures avec l’IFV (l’Institut Français de la Vigne et du Vin), BRL (le fermier maitre d’ouvrages), l’INRA, avec des analyses diverses.

 

Est-ce une première en France ?

Oui ! Nous sommes les seuls et uniques en France à faire cela dans la viticulture. Du coup, nous sommes passés sur France-Bleu, sur TF1, etc.

 

Utilisez-vous les eaux usées telles quelles sur le vignoble ?

Nous devons restocker cette eau usée dans un bassin, et lui faire subir deux ou trois traitements complémentaires. Ce sont des traitements naturels. Nous utilisons notamment des filtres à sable, comme pour les piscines. Puis l’eau passe dans un tunnel à rayons UV pour finir d’éliminer toutes les bactéries, et à la sortie on la chlore.

 

Comment vous est venue cette idée ?

Ce qui m’a mis la puce à l’oreille est que j’étais conseiller municipal au moment de l’inauguration de la station d’épuration de Roquefort, dite « nouvelle génération ». Et je me rappellerai toujours de ce qu’avait dit le maire à cette occasion : « l’eau sort tellement pure qu’on pourrait boire le Pastis avec… » Et il avait fait la démonstration en buvant au tuyau ! Puis comme je fais un peu de vélo, je passais souvent devant cette station. Et j’entendais ce bruit d’eau, je me penchais vers le tuyau et voyais cet extraordinaire débit, et le vignoble à côté qui tirait la langue… Je me disais que c’était vraiment dommage. J’ai repensé au geste du maire, et me suis dit qu’il fallait monter un projet. Je suis aussi allé en Argentine pour voir comment cela fonctionnait. En Israël dans le désert, ils consomment carrément cette eau.

 

La RÉUSE est donc un système 100% vertueux ?

A mon sens, oui. Car d’une part, il s’agit d’une ressource pérenne. Et d’autre part, on dépollue le milieu aquatique et lagunaire.

 

Osons pour réussir et poussons le bouchon plus loin !

Recycler ses bouchons d’un côté, aider la recherche contre le cancer de l’autre… A première vue, ces deux actions n’ont pas grand-chose à voir. Et pourtant, on peut aider la recherche contre le cancer en recyclant tout simplement ses bouchons ! C’est ce que fait l’AOC Corbières depuis 3 ans, avec l’association France-Cancer. Interview croisée de 2 artisans de ce noble projet : Claude Perrault, Vice-président de l’association France Cancer, et Catherine Verneuil, directrice de l’AOC Corbières. 

 

Quelle est la mission de l’association France-Cancer ? 

Claude Perrault : L’association a pour but de financer la recherche contre le cancer, grâce à la récupération bénévole des bouchons en liège ou en synthétique. Cette collecte permet de recycler des bouchons qui, sans l’action de l’association, finiraient aux ordures ménagères.

 

Comment s’est faite la rencontre entre l’AOC Corbières et France-Cancer ?

Catherine Verneuil : J’avais entendu parler de recyclage des bouchons, et cherchais à savoir comment faire. Un jour, alors que je dégustais du vin avec une journaliste chez Louis Fabre, le sujet a été abordé. Louis m’a dit qu’il travaillait avec une société qui collectait les bouchons, puis j’ai mené ma petite enquête. Et quand je suis tombée sur France Cancer, j’ai trouvé ça génial. Il n’y a que des bénévoles, ça va vraiment dans le bon sens. 

 

Comment transformer des bouchons en euros ?

Claude Perrault : Une fois récupérés, les bouchons sont triés selon leur matière, et vendus à des recycleurs partenaires. Les bouchons de liège valent 330 euros la tonne, les synthétiques 180 euros la tonne. L’argent obtenu après la vente permet à l’association de financer les travaux de chercheurs de l’Inserm Nice et du CNRS de Sophia-Antipolis.

 

Concrètement, quel est le mode de participation de l’AOC Corbières ?

Catherine Verneuil : Les responsables de l’association nous ont informé de la méthode de récolte. Alors j’ai cherché sur internet le lieu où se trouvait le dépositaire le plus proche du siège du syndicat - le palais du vin, à Narbonne. Puis nous avons mis à disposition dans les bureaux du syndicat des comportes à raisins destinées à récupérer tous les bouchons. Quand nous avons deux comportes pleines, environ une fois par an, nous les apportons au palais du vin à Narbonne, pour qu’ils soient envoyés à l’association.

 

Que deviennent les bouchons ?

Claude Perrault : Les bouchons en liège sont broyés pour être transformé en panneaux d’isolation acoustique et thermique pour les bâtiments et maisons, pour les revêtements de sol et de mur, etc. Quant aux bouchons en synthétique, ils sont recyclés dans l’industrie plastique, principalement en fibres textiles.

 

Que représente cette action de recyclage pour l’AOC Corbières ?

Catherine Verneuil : Nous sommes engagés dans la démarche sociétale ISO 26 000 depuis plus de 10 ans. D’une part, les sujets de recyclage me tiennent énormément à cœur. Et d’autre part, forcément, tout le monde est concerné quand on parle de cancer. Chacun souhaiterait aider à lutter contre cette maladie. Sauf que là, il ne s’agit pas d’un don ! Ce geste simple – recycler son bouchon de vin – répond à la question « comment faire mieux en faisant moins ? », particulièrement d’actualité dans notre société.

 

J’ai des bouchons, à qui les remettre ?

Claude Perrault : Pour trouver le point de collecte le plus proche de chez vous, rendez-vous sur notre site Internet. En tant que professionnel, restaurateur, commerçant, etc. vous pouvez également devenir point de collecte. A ce jour, nous recensons plus de 1000 points de collecte en France. Il y a de tout… Beaucoup de gens nous aident avec les moyens du bord, en se procurant des bacs, cartons ou poubelles de fortune sur lesquels ils collent des affiches que nous leur envoyons. 

 

Êtes-vous satisfaite de la quantité de bouchons récoltée dans les comportes de l’AOC Corbières ?

Catherine Verneuil : Deux comportes par an, je trouve que ce n’est pas beaucoup ! Il faut faire mieux. D’autant plus que nous vivons au cœur d’une région viticole, et pas des moindres. Rappelons qu’avec 12 millions d’hectolitres, le Languedoc en général est la première région viticole. Alors ce que nous récoltons aujourd’hui, ce n’est pas assez. Quand je vois que des régions non-viticoles apportent à France Cancer davantage de kilos de bouchons que nous, je me pose des questions… 

 

Qui sont les individus derrière le nom « France-Cancer » ?

Claude Perrault : Nous sommes 100 membres adhérents. Mais si l’on compte tous les bénévoles qui travaillent sans cotiser, je dirais que nous avoisinons les 500. Un bouchon pesant 3,5 grammes, il en faut, du monde, pour récupérer et trier tout ça ! 

 

Un dernier petit message sur le recyclage de la part de l’AOC Corbières ?

Catherine Verneuil : J’aimerais que les gens soient plus impliqués dans ce genre d’actions. Je rêve de recevoir des bouchons tous les jours ! Cela me fait mal au ventre quand je vois quelqu’un déboucher une bouteille et mettre le bouchon à la poubelle. Il est de notre devoir de tout faire pour éviter les déchets ! 

 

LE RECYLAGE DES BOUCHONS PAR FRANCE CANCER EN 2019 :

  • 46 tonnes de bouchons récoltés, triés et transformés 
  • 35 000 euros de chèques versés directement aux chercheurs de l’Inserm et du CNRS

 

 

50 moutons qui ont toute leur place dans la vigne au château Beauregard Mirouze

Karine Mirouze, vigneronne avec son mari Nicolas Mirouze au château Beauregard-Mirouze, à côté de Bizanet, accueille sur son domaine un troupeau de 50 moutons. De précieux collaborateurs qui ont toute leur place dans la vigne !

 

Depuis combien de temps les brebis font-elles partie du paysage à Beauregard-Mirouze?

Nous avons eu notre première brebis il y a environ 15 ans. C’était un cadeau ! Et elle était pleine. Nous avons immédiatement accroché avec l’idée d’avoir sur le domaine une vie autre que végétale. L’intérêt principal, pour nous, résidait dans le débroussaillement autour des vignes. Alors pour favoriser l’entretien naturel du domaine et lutter contre les incendies, nous sommes passés à 10 brebis.

 

Et dans la vigne en elle-même, avez-vous fait le test ?

Oui, nous les avons introduites il y a 7 ou 8 ans. Dès que les vendanges sont terminées, nous leur ouvrons l’accès aux parcelles. Elles y pâturent avec plaisir, car à cette époque on observe un enherbement spontané.

 

Aujourd’hui, vous avez un troupeau assez important…

Effectivement depuis un an, notre projet a pris une autre envergure. Les quelques brebis nous appartenant ont été rejointes par un troupeau de 50 moutons que nous accueillons sur le domaine.

 

D’où vous est venue cette idée d’accueillir un troupeau extérieur ?

Les moutons appartiennent à Pedro, qui est employé chez nous à temps plein, et s’occupait jusqu’alors de son troupeau de moutons en parallèle, le soir et le week-end. N’ayant pas de terres, il rencontrait des problèmes pour nourrir ses bêtes, et devait sans cesse les déplacer au gré de ses arrangements avec divers interlocuteurs. De notre côté, nous avions envie de développer la présence animale sur le domaine, alors pourquoi ne pas nous associer ? Nous avons proposé à Pedro d’accueillir ses moutons, et il a accepté !

 

Pourquoi tenez-vous tant à la présence des moutons ?

Il y a une raison technique qui répond à une envie de faire profiter nos sols de leurs déjections et d’éviter des passages de tracteurs dans les vignes. Mais il y a autre chose... Les animaux apportent une ambiance très particulière qui rompt la solitude dans le vignoble. Pour nous, la vigne est une plante qui exprime tout son environnement, dans ses raisins et donc aussi dans nos vins. Ce qui rend un vin singulier ne se limite donc pas à la nature du sol ou aux choix du vinificateur. L'ambiance générale est aussi très importante ! Les brebis que nous introduisons dans les vignes diffusent leur énergie toute animale. En parcourant progressivement nos différentes parcelles, elles sont aussi un vecteur de communication entre nos ceps de vigne.

 

Depuis quand travaillez-vous en bio ?

Nous sommes certifiés Bio depuis 2010, et en biodynamie depuis 2019. En remontant aux origines de la biodynamie, on rencontre une notion de polyculture élevage et de biodiversité. Or nous avons la chance, ici au domaine Beauregard-Mirouze, d’avoir l’exploitation qui s’y prête : 23 hectares de vigne, 350 hectares de garrigue et une quinzaine d’hectares de champs. Nous avons la possibilité de pouvoir amener l’animal, et surtout de faire en sorte qu’il y soit bien !

 

3 questions à Arnaud Dufils, ingénieur à l’INRA d’Avignon, unité éco-développement. Le 17 décembre, il animait à Bizanet une conférence sur l’introduction des animaux dans la vigne, précédant une visite au château Beauregard-Mirouze.

 

  • Qu’étudiez-vous à l’INRA d’Avignon ?

Je travaille sur les pratiques agricoles, et plus précisément sur la manière de les « écologiser ». Le fait d’introduire des élevages dans les cultures pérennes est un moyen de faire changer non seulement les pratiques, mais aussi le regard des exploitants sur la conduite des cultures, en substituant le passage des animaux à certains intrants.

 

  • Quels sont les avantages de l’introduction des animaux dans la vigne ?

L’avantage principal est l’aide à la gestion de l’enherbement. A ce niveau, la présence animale constitue une économie pour le viticulteur dans la mesure où elle réduit le nombre de passages du tracteur et de limiter le recours aux herbicides. De plus, les animaux permettent un complément d’apport de fumure : quand ils restituent dans la parcelle ce qu’ils ont consommé, ils stimulent par leurs déjections la vie microbiologique des sols.

 

  • Et quels sont les désavantages ?

Premièrement, la présence des animaux implique certaines contraintes supplémentaires dans la vie du viticulteur. Il doit aussi s’assurer que les brebis aient suffisamment d’accès aux ressources en herbe pour ne pas générer de dégâts sur les vignes.

Un vin sans sulfites ajoutés ET labellisé Zéro résidu ? Et les Corbières passent à l’avant-garde !

Atmann Afanniss, directeur de la cave de Cascastel, nous parle de la cuvée Natur’aile et de l’engagement des vignerons de Cascastel pour la protection de l’environnement.

 

A l’origine, un joli REVE…

Voilà déjà 30 ans que la cave de Cascastel est engagée dans des démarches d’agriculture raisonnée. Mais depuis 2014, la cave affiche une ambition réellement hors du commun en matière d’environnement via sa démarche interne baptisée REVE : Respect de l’Etre humain, de la Vigne et de l’Environnement. Le cahier des charges est épais, et la démarche REVE obligatoire pour tous !

 

La cuvée Natur’aile : la fierté d’un club vigneron pas comme les autres

« En 2011, nous avions déjà produit une cuvée sans sulfites ajoutés sur le site de St-Jean de Barrou, rappelle M. Afanniss. Mais la cuvée Natur’aile 2018 va plus loin car elle présente « zéro résidu ». Une cuvée produite par le club vigneron éponyme… « Etant donné que notre région est constituée de parcelles morcelées, de différents sols avec différentes expositions et situés à des altitudes variées, on travaille par clubs vignerons, en fonction des similitudes de terroir. Chaque club possède son cahier des charges. »

 

Pourquoi dit-on « sans sulfites ajoutés » ?

Parce que le vin contient naturellement des sulfites, en faible concentration. Ce qui fait la différence de la cuvée Natur’aile, c’est l’absence de sulfites ajoutés pour le stabiliser. Rappelons que les sulfites, en plus d’éviter une oxydation trop rapide, constituent une protection microbiologique qui évite le développement de certaines levures ou bactéries, dites germes d’altération, qui endommagent la qualité organoleptique du vin.

 

Une gageure technique

« La cuvée Natur’aile est un produit hyper technique », s’enthousiasme Atmann Afanniss. En effet, elle nécessite de rapatrier le vin en citerne depuis St-Jean de Barrou jusqu’à la cave de Cascastel pour le filtrer et le mettre en bouteille. Opération délicate… « Nous couvrons toutes nos opérations avec de l’azote : l’entonnage, la réception en cave, la filtration tangentielle, le conditionnement… A toutes ces étapes, il faut éviter que le vin ne prenne l’oxygène. Le bouchon synthétique qui ferme les bouteilles, 100% recyclable, est très hermétique et minimise l’échange gazeux pour éviter une dégradation du vin. » Juste par mesure de sécurité, il est recommandé de partager ce vin entre amis ou en famille dans les 18 mois !

 

A l’origine du label Zéro résidus… un gros lézard !

90 substances de pesticides ont été testées sur la cuvée Natur’aile 2018. « Comme nous sommes en dessous des limites de détection, nous avons pu apposer l’étiquette « zéro résidu » sur les bouteilles, explique le directeur de la cave. Pourquoi tant d’efforts ? Parce que la valorisation de la biodiversité se trouve au cœur des préoccupations du label REVE, et surtout parce que sur les parcelles de vignes d’où est issue la cuvée Natur’aile, vit le plus gros lézard d’Europe ! Il s’agit du « lézard ocellé » qui adore nicher sur les murets et fureter dans les hautes herbes… D’où la nécessité de poursuivre nos actions de préservation de son habitat naturel !

 

Last but not least… des qualités organoleptiques exceptionnelles !

Avec une importante proportion de grenache, la cuvée Natur’aile est vinifiée sur le fruit frais, le fruit rouge pour un résultat gourmand et friand. Le vin est structuré mais facile à boire, avec des tanins fondus. A déguster de toute urgence !

 

La cave de Cascastel : petite par la taille mais grande par la qualité ! 

  • 4 villages : St-Jean de Barrou, Fraïsse, Villesèque et Cascastel
  • 750 hectares de vignes en appellations Corbières, Fitou, VDN Rivesaltes, VDN Muscat de Rivesaltes et IGP Vallée du Paradis
  • 25 000 hectolitres / an dont 9800 hl en AOC Corbières (récolte 2018).
  • 2 300 000 bouteilles et 80 000 bag in box / ans… Pas de vrac !
  • 60 vignerons artisans
  • La cave possède son propre atelier de conditionnement : mise en bouteille, mise en Bag In Box, etc.
  • Cave certifiée IFS niveau supérieur depuis 2012
Le Lézard Ocellé : les vignerons de Cascastel s’engagent pour sa protection

Quand les vignerons de Cascastel s’engagent pour la biodiversité, ce ne sont pas des paroles en l’air ! Ils ont décidé de protéger le plus gros lézard d’Europe, qui vit dans les vignes des Corbières. Rendons hommage à une initiative comme il n’en existe nulle part ailleurs. 

 

Pourquoi le Lézard Ocellé ?

Autour de Cascastel, cette espèce est très présente. Les vignerons, qui croisent régulièrement ce lézard en train de se faire dorer la pilule au soleil, ont tout de suite été emballés par l’idée de sauvegarder l’espèce. D’autant plus qu’elle figure sur la liste rouge des espèces menacées en France.

 

Le plus gros lézard d’Europe

Le petit (pas tant que ça) protégé des vignerons de Cascastel se nomme le Lézard Ocellé, car il a sur la peau de petites ocelles bleues qui correspondent à son empreinte digitale. Le mâle est le plus gros lézard d’Europe, et mesure jusqu’à 70cm de long ! Faut-il donc s’inquiéter quand on croise son chemin ? Non, car sous ses dehors de gros reptile patibulaire, se cache une gentille bébête qui n’attaque pas.

 

Où et quand le rencontrer ?

Le Lézard Ocellé occupe un territoire d’environ 200 mètres autour de son terrier principal. On l’observe très fréquemment sur les pierres ou les chemins. Il est visible à partir de mars, avec un pic d’activité en mai pendant sa période de reproduction.

 

Une émanation de la démarche REVE

Dans une volonté́ de préserver son vignoble, son environnement et ses paysages, la coopérative « Les Maîtres vignerons de Cascastel » a instauré le cahier des charges REVE (démarche Respectueuse de l'Etre humain, du Vignoble et de l'Environnement). La protection du Lézard Ocellé s’inscrit dans le volet Biodiversité de cette démarche.

 

Un plan de sauvegarde bien ficelé

Une étude sur le Lézard Ocellé a démarré en 2018 avec l’AHPAM (Association Herpétologique de Provence Alpes Méditerranée), et un protocole scientifique a été mis en place sur 3 communes colonisées par le lézard. Gregory Deso, herpétologue en charge d’accompagner les vignerons de Cascastel, les conduit sur le terrain, leur apprend à déceler la présence du reptile et à l’observer. « En 2018, explique le spécialiste, nous avons mené un premier inventaire des populations présentes dans 3 types de milieux : agriculture bio, agriculture raisonnée et agriculture raisonnée sans désherbant. Au final, le lézard était présent dans chaque type d’agriculture. »

 

La charte lézard ocellé

Gregory Deso précise que « les viticulteurs ont signé une charte environnementale. Ils s’engagent notamment à limiter les produits phytosanitaires autour des zones habitées par le lézard, préserver et rénover les murets aux abords des parcelles et maintenir les milieux ouverts en entretenant les parcelles arrachées pour éviter l’embroussaillement. » Aussi, chaque vigneron possède un carnet d’observation.

 

Le projet se poursuit et s’étoffe en 2019

« Nous avons initié l’an dernier une première photo identification de quelques individus, continue Gregory Deso. En 2018, l’étude menée a permis de détecter un total de 22 Lézards Ocellés ! Cette année, nous tenterons de voir s’ils sont toujours présents, et s’ils se sentent bien dans le même endroit. » En 2019, afin d’impliquer les acteurs locaux, M. Deso sera accompagné de son confrère Jean Muratet, de l’association ECODIV, très active dans l’Aude.

 

Un grand bravo aux Maîtres vignerons de Cascastel pour cette noble initiative, et longue vie aux Lézards Ocellés des Corbières !

 

Le Château La Baronne chouchoute les oiseaux

Les oiseaux ont la belle vie en Corbières !

 

250 nichoirs disséminés à travers tout le domaine : c’est ainsi que le Château La Baronne chouchoute les oiseaux. Une initiative de plus en faveur de la biodiversité, de la part d’un domaine qui joue à fond la carte du développement durable. 

 

La famille Lignères au Château La Baronne (label AB depuis 2010 et Demeter en 2014) sincèrement engagée dans une démarche de développement durable sur le domaine, souhaitait développer l’installation des oiseaux dans son coin de paradis. « Le domaine se trouve dans une zone très sauvage, confie-t-elle, mais monotone au niveau des cultures car il n’y a que de la vigne, et beaucoup de grandes parcelles sur lesquelles les arbres ont disparu. » Le but était donc de rétablir un meilleur équilibre afin, entre autres bénéfices, d’augmenter le nombre et les variétés d’oiseaux sur le domaine et améliorer la chaine alimentaire. N’oublions pas que ces chers volatiles se révèlent de précieux alliés naturels quand il s’agit de combattre certains ennemis de la vigne, comme les papillons Eudémis (qui donnent le ver de grappe). Aussi Jean et Anne Lignères sont-ils passés à l’action.

 

« Nous avons planté beaucoup d’arbres et installé des tas de cailloux près desquels nous avons planté des buissons pour attirer plus de faune, précise la vigneronne. Avant de nous lancer, nous avons discuté avec d’autres vignerons, dont Louis Fabre, qui a planté beaucoup d’arbres avant nous. » Ce ne sont pas moins de 2 000 à 2 500 arbres ou buissons qui ont été plantés sur le domaine qui fait la part belle aux essences locales : romarin, lavande, grenadiers, arbousiers, cyprès, oliviers, amandiers...« Nous avons aussi la chance d’avoir de petits ruisseaux et sources sur le domaine, poursuit-elle, donc nous en avons profité pour créer des zones humides en retenant l’eau. » Résultat : des canards sauvages, des grenouilles, des libellules ont très vite investi les lieux !

 

Pour attirer toujours plus d’oiseaux, 250 nichoirs ont été installés dans les arbres de tout le domaine. Pour tenter de mesurer les résultats de leurs efforts, les Lignères ont instauré un partenariat avec l’association Aude Nature, chargée d’une mission d’inventaire des espèces « avifaunistiques ». Ainsi plusieurs fois par an, au lever et au coucher du soleil, des experts de l’association viennent recenser les différentes espèces d’oiseaux, observer les endroits où ils nichent, mais aussi dénombrer les espèces végétales. « En 4 ans, on constate une nette progression de la biodiversité, se réjouit Anne Lignères. Le domaine est très vivant ! » Au total, 59 espèces nicheuses ont été détectées en 2018 sur le site ou dans un environnement proche comme l’Alaric, dont 6 inscrites à l’Annexe 1 de la Directive Oiseaux (une directive européenne dédiée aux espèces menacées). Chouettes, mésanges, palombes, alouettes, buses, corneille, coucous, éperviers, faucons, geais, goélands, grives, linottes mélodieuses, mésanges, perdrix, pinsons, rossignols, et même un couple d’aigles royaux, habitent sur place, ou prennent plaisir à visiter et chasser régulièrement sur le domaine : « On remarque que ce ne sont pas forcément ceux qu’on avait appelés qui viennent, il y a des squatteurs ! » confie la vigneronne.

 

Et pour ne pas faire de jaloux, les Lignères invitent aussi sur leur domaine les animaux… qui ne volent pas. On y rencontre ainsi des moutons et des chèvres, venus pour désherber et apporter de l’engrais naturel. A ce jour, la cohabitation entre animaux à plumes et à poils est excellente !

Les moutons de Caraguilhes

Tous les ans, le Château de Caraguilhes accueille Jérôme Brunet et ses 150 brebis !

Ils restent sur le domaine de début octobre à fin juin. Outre les 450 hectares de bois et de garrigues qu'ils peuvent parcourir, ils descendent tout au long de l'hiver, si le temps le permet, dans le vignoble. Là, ils se nourrissent de l'ensemble des herbes présentes et des luzernes (avec modération) semées sur les terres en repos.

« L'idée est triple, explique Etienne Besancenot, vigneron au Château de Caraguilhes :

1

les moutons se nourrissent et nous aident dans le contrôle de la végétation hivernale (plus besoin de travailler les sols à l'automne)

2

les moutons fertilisent de manière non négligeable les sols lors de leur passage

3

les moutons qui sont hébergés dans une bergerie sur le plateau de Caraguilhes nous procurent aussi une centaine de tonnes de fumier par an. »

 

Cette présence animale permet de valoriser tout l'espace de garrigue et de le préserver éventuellement des incendies par un meilleur contrôle de la végétation. « Aussi, poursuit M. Besancenot, leur présence confère au domaine une autonomie vis-à-vis de la fertilisation des terres en vigne. Leur présence nous économise par ailleurs un passage de travail du sol en automne, après les vendangesCela fait un labour en moins dans notre programme annuel ! »

Ces moutons apportent de la vie à Caraguilhes… Et de conclure : « Comme il est agréable de voir ou d'entendre les brebis traverser le domaine tous les jours ! »

Organisation de la gouvernance à la cave les Terroirs du Vertige

La cave coopérative les Terroirs du Vertige est située à Talairan. Elle regroupe près de 850 ha de vignes dont 450 ha d’engagées dans la production de vins d’Appellation d’Origine Contrôlée Corbières.

Son vignoble a une double particularité. Son altitude varie de 30 à 500 mètres d’altitude, d’où le nom de la cave, et il s’étend sur 25 des 80 communes qui font partie de l’aire délimitée AOC Corbières. Malgré cette étendue, plusieurs secteurs géographiques homogènes se distinguent : Le secteur de Cucugnan, le secteur du Termenès, le secteur de Talairan, le secteur de Lagrasse et celui du Val de Dagne.

 

Comme toute les caves coopératives, la gouvernance est assurée par un conseil d’administration composé de vignerons adhérents élus qui est l’organe de décisions. Mais au Terroirs du Vertige, une attention particulière est portée pour qu’il y ait des administrateurs représentant les différents secteurs géographiques de son vignoble.

 

Autre élément de gouvernance intéressant à souligner. En plus d’une veille technique et règlementaire effectuée par les salariés, cette cave coopérative à fait le choix d’abonner tous les membres de son conseil d’administration au journal le paysan du midi afin qu’ils disposent d’une information hebdomadaire de l’actualité de la filière.

 

L’attention portée à l’organisation de la gouvernance se traduit également par un engagement dans la démarche collective de l’ODG Corbières sur le développement durable.

La norme ISO 26000 qui est utilisée en support de la démarche suscite une analyse du fonctionnement de la gouvernance puisqu’elle en constitue une question centrale. Gage de pérennité de l’attention portée à l’organisation de la gouvernance.

Utilisation d’engrais verts au Domaine Ledogar

L’utilisation d’engrais vert est une technique qui se développe en AOC Corbières. Elle consiste à semer des plantes annuelles entre les rangs qui apporteront les éléments minéraux nécessaires au bon développement de la vigne.

Au Domaine Ledogar situé à Ferrals les Corbières, cette technique est pratiquée depuis 10 ans.

Les semis sont réalisés en automne mais pour les 2 frères en charge du domaine, l’idéal c’est de semer juste après la vendange des vignes.

La semence de base est constituée d’un mélange de fèveroles, pois et vesces. En plus, ils continuent de tester d’autres espèces en complément.

Pendant tout l’hiver et le début du printemps, le couvert herbacé se développe, puis vers la fin du printemps, le couvert herbacé est roulé pour créer un paillage et apporter de la matière organique dans les sols. D’autres vignerons préfèrent broyer ou faucher le couvert végétal.

Les dates des différentes interventions, semis, roulage sont données à titre d’indication mais sont très variables en fonction des conditions climatiques.

 

L’expérience et les résultats obtenus avec cette technique ont incités les 2 frères en charge du domaine à franchir une étape supplémentaire. D’un semi réalisé 1 rang sur 2, ils sont passés depuis l’automne 2018 à 3 rangs semés sur 4 avec l’objectif de ne plus passer en tracteur sur les 3 rangs qui sont semés. L’effet positif des engrais verts sur la structure des sols leur permet de passer avec des chenillards (outils de traction moins puissants et moins lourds).

Autres effets positifs qu’ils ont observés, les sols sont ameublis permettant une bonne pénétration de l’eau et de l’air, les problèmes d’érosion des sols sont réduits, les sols sont plus vivants et cela augmente la biodiversité à l’intérieur des vignes.

Focus sur la confusion sexuelle

De plus en plus de vignerons producteurs de vins AOC Corbières se lancent dans la protection contre les tordeuses de la grappe par la technique de la confusion sexuelle. 
Cette méthode de lutte alternative permet d’éviter la reproduction de ce petit papillon spécifique de la vigne et donc l’apparition de larves qui impactent quantitativement et qualitativement les raisins. Elle est mise en place sur de petits îlots de vignes ou sur de larges zones couvrant jusqu’à 1500 ha et nécessite une implication collective des vignerons.

Pour l’année 2018, dans le périmètre de l’aire d’Appellation d’Origine Contrôlée Corbières, plus de 5000 ha de vignes ont été protégés par la confusion sexuelle (surface sensiblement équivalente à 7000 terrains de foot). 
 

Réduction d’1/3 de la consommation en carburant au Château St Eutrôpe

Au Château de Saint Eutrôpe, la consommation en carburant fait partie des points qui sont suivis annuellement. Ce suivi a permis d’identifier les travaux les plus énergivores et s’est avéré intéressant au moment du remplacement des tracteurs.

Le choix s’est orienté vers des tracteurs équipés de système d’autorégulation de la consommation en fonction du régime moteur. Dès la 1ère année d’utilisation, la consommation de carburant a été réduite de plus d’1/3. Réduction qui s’est confirmée l’année suivante.

Ces résultats sont importants pour le responsable du domaine car ils limitent les émissions de Gaz à Effet de Serre (GES), réduisent la consommation en énergie non renouvelable et diminuent les coûts de production notamment dans le poste des intrants/énergies. Ils apportent des avantages économiques, mais aussi écologiques.

Prévention des troubles musculosquelettiques (TMS) à la cave coopérative d’Embres-et-Castelmaure

En 2016, la cave coopérative d’Embrès et Castelmaure a organisé une action sur les TMS en partenariat avec le service prévention de la MSA. Les vignerons coopérateurs et les salariés de la cave coopérative volontaires ont suivi un programme spécifique de consultations individuelles réalisées par 2 kinésithérapeutes spécialisés dans la prévention des TMS.

Ce programme a débuté par un bilan complet de leur mobilité pour identifier les problèmes, leurs causes et préconiser des exercices à effectuer (étirements - mouvements). 

Pendant les 6 mois suivants, des rendez-vous mensuels avec les 2 professionnels ont permis de suivre l’évolution de la santé des volontaires, de leurs donner des soins et des conseils complémentaires. Pour compléter l’action, une dernière série de consultations réalisée 1 an après le début de cette opération a permis de faire un bilan de fin de campagne.

Du côté des résultats, la totalité des participants ont connu des améliorations de leurs mobilités et des disparitions de douleurs. Certains ont même pu reprendre le chemin des vignes. De plus, des jeunes vignerons ont intégré le dispositif afin de prévenir l’apparition de ces troubles musculosquelettiques (TMS).

Ce type de dispositif a pu se mettre en place car la cave coopérative travaille depuis longtemps sur la prévention des risques au travail et surtout car les volontaires ont été motivés et assidus au programme de consultation.

Une nouvelle série de consultations bilan vient d’être réalisée fin 2018 après une année complète en totale autonomie pour les participants engagés dans cette action. Cette action porte encore ses fruits puisque les volontaires ont intégré les exercices préconisés dans leurs quotidiens et savent les renouveler en fonction des tâches réalisées dans leur travail.

 

Témoignage :  M. BELISSENT (adhérent de la cave coopérative d’Embrès et Castelmaure)

Ce vigneron est enchanté par la santé qu’il a retrouvée. Il connait bien les limites de son corps et adapte la fréquence des exercices en fonction du travail qu’il va effectuer. La fréquence est quotidienne pour la période de la taille et plus espacée le reste de l’année.

Il cite également l’exemple de sa femme qui travaille sur l’exploitation. Elle avait des douleurs fortes et récurrentes dans le dos avec des jours où elle était coincée malgré la prise d’anti-inflammatoires 3 fois par jours. 6 mois après le début de l’action, elle ne prenait plus de médicaments et aujourd’hui encore, elle n’en a plus besoin.