Domaine des 2 Clés

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RENCONTRES VIGNERONNES

Domaine des 2 Clés

Gaëlle et Florian Richter, en couple à la vie comme à la vigne, sont férus de biodynamie. Investis corps et âme dans la passion qu’ils partagent, ces deux orfèvres du vin cisèlent leurs petits bijoux au Domaine des 2 Clés, à Fontjoncouse.

Quelle est l’histoire du Domaine des 2 Clés ?

Gaëlle : Florian et moi nous sommes rencontrés en 2009 dans le cadre d’un stage en Bourgogne. Nous avons fini nos études plus ou moins en même temps et sommes partis faire un tour du monde avant de revenir travailler en France. Aujourd’hui, nous sommes mariés et avons fondé le Domaine des 2 Clés en 2015.

 

Avez-vous fondé le domaine dès votre retour en France ?

Gaëlle : Nous avons passé quelques années à affiner notre expérience avant de nous lancer. Florian a trouvé du travail chez Claude Vialade, négociante basée à Lézignan, tandis que je travaillais sur Montpellier dans un bon domaine viticole en agriculture biologique.

 

Pourquoi le nom « Domaine des 2 clés » ?

Florian : Notre force réside dans notre complémentarité. Gaëlle est œnologue et responsable de la partie technique ainsi que des vinifications, tandis que je suis plutôt spécialisé dans le commerce. Chacun de nous possède sa propre clé pour faire avancer notre projet.

 

Pourquoi avoir choisi de vous installer à Fontjoncouse ?

Florian : Le foncier était abordable, et nous y avons trouvé des vignes qui étaient déjà en bio depuis 2001. Ces vignes poussant entre 275 et 330 mètres d’altitude, exposées Nord/Nord-Est et situées à 20km de la Méditerranée à vol d’oiseau, bénéficiaient d’un climat plutôt froid, ce qui collait avec le style de vin que l’on souhaitait faire : des vins avec de la fraîcheur naturelle, de manière à intervenir le moins possible sur la partie œnologique.

Gaëlle : Les vieux Carignan plantés en 1909 nous ont séduits, et il y avait aussi déjà beaucoup de blanc. Or, nous ne souhaitions pas ne faire que du rouge. Enfin, les vignes étaient disposées sous forme d’îlots enclavés dans la garrigue ou de petites vallées assez autonomes et éloignées des voisins, ce qui était parfait pour nos pratiques en biodynamie et une bio efficace.

 

Vous devez être des oiseaux rares dans ce village de 126 habitants…

Florian : Oui et non… Lors de notre installation en 2015, nous étions entourés de vignerons qui arrivaient à la retraite. Depuis, tous les vignobles ont été repris : pas un hectare n’a été arraché. Aujourd’hui, nous côtoyons pas mal de jeunes vignerons à la tête de petits domaines entre 7 et 15 hectares en agriculture bio, biodynamique ou en conversion. On constate une belle évolution dans ce petit coin des Corbières, jusqu’à Villeneuve des Corbières et Cascastel. Beaucoup ont entre 30 et 40 ans. On s’entend bien entre nous et avons plein de choses à partager.

 

Quelles sont les lignes directrices de votre travail de vignerons ?

Gaëlle : Tout d’abord, nous mettons tout en bouteille. Nous avons d’ailleurs été parmi les premiers à mettre l’intégralité de la production en bouteille, dans une région où le vrac était très répandu. D’autre part en ce qui concerne le travail en cave, nous conservons volontairement beaucoup de petits lots : puisque chaque pied est différent, chaque parcelle unique et que le domaine possède des sols variés, on essaie de ramener cette diversité à la cave. En ce qui concerne la vigne, nous travaillons en biodynamie.

 

D’où vous vient cet engagement si sincère en faveur de la biodynamie ?

Florian : Je suis d’origine allemande et j’ai étudié le commerce international de vins en Allemagne dans la petite ville de Geisenheim, située au bord du Rhin dans une vieille région viticole. L’université de cette ville est très réputée, notamment car le doyen de la faculté était lui-même viticulteur en bio depuis 30 ans. En tant que précurseur, il a fortement sensibilisé ses étudiants au phénomène. Par exemple, bien qu’étudiant en commerce du vin, j’avais 3 jours de cours obligatoires par semaine sur l’agriculture bio.

Gaëlle : C’est plus que je n’en avais dans les études d’œnologie que j’ai faites en France ! Curieusement, c’est Florian qui m’a vraiment sensibilisée à la biodynamie.

Notre force réside dans notre complémentarité. Gaëlle est œnologue et responsable de la partie technique ainsi que des vinifications, tandis que je suis plutôt spécialisé dans le commerce. Chacun de nous possède sa propre clé pour faire avancer notre projet.

Qu’est-ce qui vous plait tant dans le bio et la biodynamie ?

Gaëlle : Il me semble plus juste d’envisager les choses de manière globale plutôt que de considérer les parties d’un système isolément. Un produit chimique modifie le comportement de la plante, ce qui me déplait. En bio, nous protégeons la plante et travaillons sur les conditions qui l’environnent, mais en aucun cas on ne la contraint à modifier sa nature. Plutôt que de céder à l’obsession du rendement et d’artificialiser nos sols, il faut apprendre à accepter ce que la nature nous donne et se contenter d’avoir la compétence pour valoriser ce que l’on a.

 

Quels sont vos vins ?

Florian : Nous avons 2 blancs, un rosé que l’on fait à façon en fonction de la demande, et 4 rouges.

 

Comment les travaillez-vous ?

Gaëlle : J’ai eu mon diplôme d’œnologue en Bourgogne et je suis Bourguignonne. Donc question vinification, on fait beaucoup de choses très simples et ancestrales ! On a peu de « techniques ». Sur les blancs et le rosé, on pressure en grappes entières. Les blancs sont à 100% en barriques jusqu’en mai, puis soutirés et assemblés un mois avant la mise en bouteille pour une stabilisation en cuve. Les élevages sont volontairement courts car on ne veut pas garder de blanc en cuve pendant l’été à cause des températures qui montent, malgré le fait que la cave soit semi-enterrée. On tient à préserver leurs très belles acidités naturelles.

 

Un mot sur vos rouges ?

Florian : Comme nous avons peu de cépages différents sur le domaine (essentiellement Carignan, Syrah et Grenache noir), chaque cuvée se distingue des autres par la vinification.

Clés en main, « entrée de gamme » tout de même vendue 15 euros la bouteille, est faite avec une majorité de grappes entières de Carignan, et environ 10% de Syrah en baies entières. Il est apprécié pour sa structure légère, sa fraîcheur et sa bonne buvabilité. Notre Corbières Tradition est un assemblage de Carignan, Grenache et Syrah. Enfin, nos deux autres rouges - l’un pur Grenache noir et l’autre à base de vieilles vignes de Carignan - sont élevés en barrique.

 

Quelle est votre stratégie de commercialisation ?

Florian : Elle est assez particulière car très liée à ma personne. D’une part, j’ai travaillé 3 ans avec Claude Vialade et son équipe, dont l’activité est très orientée vers l’export. Je m’occupais des marchés de l’Europe de l’Est et des pays germanophones. D’autre part, mon père est caviste en Allemagne et importait du vin à l’époque. Ayant déjà noué de nombreuses relations commerciales avec l’étranger, j’ai naturellement orienté les ventes du domaine vers l’export. Et puis cela me laisse du temps pour être à la vigne. C’est là que Gaëlle et moi passons la plupart de notre temps, et c’est la condition indispensable pour faire du haut-de-gamme. 

 

A quel prix proposez-vous vos vins ?

Gaëlle : Nos bouteilles oscillent entre 15 et 25 euros. Nous ne souhaitons pas aller vers le « trop cher », pour ne pas être trop élitaires.

Florian : Le vin est un produit de luxe. Il devrait être mieux valorisé que ce qu’il est actuellement dans notre région.

 

Quels sont vos projets ?

Gaëlle : On est en train de lancer la restructuration du vignoble. Cela est nécessaire car en raison de la fraîcheur de notre terroir, on a des incidents climatiques tous les ans - gelées printanières, un peu de grêle – ce qui mine nos rendements. Pour les rétablir, il y a un gros levier à aller chercher sur la plantation des parcelles. Nous avons préparé des terres en vue d’une plantation en 2022/23.

Florian : On se dit aussi qu’une entreprise devrait créer de l’emploi. Une étape après l’autre… Mais quand nous aurons replanté et que nos rendements seront meilleurs, on souhaite employer quelqu’un pour nous aider.