Les maîtres Vignerons de Cascastel

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RENCONTRES VIGNERONNES

Les maîtres Vignerons de Cascastel

Paul Vidal est vigneron coopérateur et vice-président de la cave des Maîtres Vignerons de Cascastel. A 24 ans seulement, il est en conversion bio dans ses vignes et joue déjà un rôle important dans une cave atypique, au positionnement haut-de-gamme.

Son maître mot ? La qualité ! 

Où êtes-vous installé ?

Je suis installé avec mon père à Saint-Jean de Barou, sur l’exploitation familiale, depuis 2017. 

Le vignoble est dans la famille depuis 5 générations. Et nous avons toujours amené notre raisin à la cave.

 

Avez-vous toujours su que vous vouliez faire ce métier ?

Oui, depuis tout petit. Depuis que j’ai 3 ou 4 ans, je suis dans les vignes et j’aide mes parents.

 

Quelle est la superficie de votre domaine ?

Nous possédons 27 hectares à deux - mon père et moi. Mon oncle a 13 hectares, juste à côté de nos vignes. Nous travaillons ensemble mais il a sa propre entreprise, distincte de la nôtre.

 

Comment se présente votre vignoble ?

Il est très morcelé : sur 27 hectares, on a une cinquantaine de parcelles. Cela nous permet d’avoir plusieurs types de sols, et c’est aussi avantageux par rapport aux aléas climatiques, notamment le gel. Ici, il est rare d’avoir plus de 5 ou 6 hectares d’un seul tenant.

 

Quelle est la moyenne des surfaces des coopérateurs de la cave ?

La moyenne est de 15 hectares environ.

 

Lorsque vous apportez vos raisins à la cave, savez-vous exactement dans quelle cuvée ils seront utilisés ?

Oui, il y a un suivi pour tout. Et depuis quelques années, nous avons la possibilité de nous regrouper en « clubs vignerons ». Par exemple, si j’ai un voisin qui a 2 ou 3 parcelles proches des miennes, nous les travaillons en même temps, de la même manière, et rentrons nos raisins dans la même cuve. Ainsi, c’est vraiment « notre vin » qu’il y a dedans !

 

Combien de cuvées Corbières différentes naissent de ces clubs vignerons ?

Environ 5 ou 6, suivant les années…

 

De combien de clubs vignerons faites-vous partie ?

Cette année, j’ai monté un club Grenache noir avec mon père et mon oncle. Mais on change chaque année au gré de nos envies ou de nos idées. Souvent, ces clubs se forment par rapport au terroir, entre des vignerons qui possèdent des parcelles dans le même secteur. Mais on peut aussi choisir de s’unir par affinités. L’initiative vient toujours des coopérateurs.

 

Une fois quun club a apporté ses raisins à la cave, ses membres ont-ils un droit de regard sur la vinification ?

Bien sûr. Nous pouvons même aller décuver nous-même, passer déguster à la cave pour contrôler l’évolution de la cuve, etc. Nous suivons tout le processus.

 

Combien de coopérateurs sont membres de la cave de Cascastel ?

122 personnes sont inscrites sur le registre, mais nous sommes environ 60 coopérateurs à en vivre réellement.

 

Combien de cuvées de Corbières produisez-vous ?

Nous avons 5 rouges : L’Héritage de Bonnafous, notre haut-de-gamme, la cuvée Retour de chasse, la cuvée L’essor 1914, la cuvée Les Frênes et notre rouge bio, La Crémade. A ces rouges, il faut ajouter deux blancs – Villasica et L’Héritage de Bonnafous blanc – ainsi qu’un rosé, le Fraxinum.

 

Comment décidez-vous de la répartition des raisins dans les cuvées ?

Chaque coopérateur inscrit des vignes en sélection pour la cuvée qui l’intéresse. Les vignes en question sont alors inspectées par des techniciens viticulteurs, qui valident en quelque sorte l’inscription.

Passer en bio, c’est une conviction. C’est plus de travail, mais c’est plus sain. C’est ce que je veux pour mes terres.

Et là aussi, comme pour les clubs vignerons, vous pouvez suivre la vinification ?

Absolument, on peut suivre notre raisin jusqu’à la mise en bouteille. Par exemple, j’inscris chaque année mes vieux Carignan dans la cuvée Bonnafous. Mes Carignan centenaires, et d’autres qui ont entre 50 et 100 ans, occupent près de 5 hectares sur les 27 de mon vignoble. Mon père et moi essayons de les préserver car ce sont mes arrière-grands-parents qui les ont plantés et qu’ils produisent d’excellents raisins : les rendements sont faibles, mais les raisins sont très aromatiques, avec une belle concentration.

 

Quelles sont vos attributions au sein de la cave ?

Je suis vice-président de la cave depuis l’an dernier.

 

Quest-ce qui a motivé une telle implication ?

Mon père a toujours été au conseil d’administration. Lors de la fusion de la cave de Saint-Jean de Barou avec celle de Cascastel en 2006, de président de la cave de Saint-Jean de Barou, il est passé vice-président de la nouvelle cave. Mais il a 58 ans aujourd’hui et souhaite lever un peu le pied, donc je prends la relève.

 

Quels sont les projets de la cave ?

Améliorer encore davantage la qualité de nos vins. C’est déjà notre cheval de bataille depuis plusieurs années. Avec un rendement moyen de la cave à 31 hectolitre/hectare, nous préférons nous focaliser sur la valorisation de nos produits, et essayons de pousser la qualité au maximum de ce qu’elle peut être. Avec 2,6 millions de bouteilles et 80 000 bags in box, nous nous situons à l’opposé d’une structure de cave coopérative axée sur le vrac.

 

Combien de personnes travaillent à la cave ?

Nous faisons partie des rares caves coopératives de l’Aude à disposer de leur propre outil de conditionnement. Cela participe de notre politique de qualité : on maîtrise tout, avec des procédures de contrôle très rigoureuses. Nous sommes certifiées IFS (International Food Standard), une norme de sécurité alimentaire reconnue dans le monde entier. D’autre part, cela nous permet aussi d’employer des gens du village et de contribuer à l’emploi local. Du coup, nous avons 18 permanents (25 équivalents temps-plein).

 

Quelles sont vos initiatives environnementales ?

Nous produisons depuis quelques années la cuvée Naturailes, avec zéro résidu de pesticides, qui est née de notre volonté de protéger le lézard ocellé, un reptile très présent dans les vignes des coopérateurs (voir article dédié ici : https://20decorbieres.com/fr/actions-developpement-durable).

 

Êtes-vous déjà HVE3 ?

Oui, la cave l’est intégralement. Et personnellement, je suis en conversion bio.

 

Pourquoi vous lancer dans le bio ?

Je me lance pour l’environnement. J’ai envie de changer de façon de travailler. Faire toujours pareil, ça ne m’intéresse pas. Passer en bio, c’est une conviction. C’est plus de travail, mais c’est plus sain. C’est ce que je veux pour mes terres. A Cascastel, nous sommes 3 ou 4 à nous lancer dans le bio cette année. Cela nous permettra d’obtenir plus de volume, pour créer une ou plusieurs nouvelles cuvées bio en appellation Corbières.

 

Que retrouve-t-on dans les vins de la cave de Cascastel ?

La particularité de notre terroir est qu’il est pluriel, avec différents sols et différentes altitudes, généralement comprises entre 200 et 300 mètres. Ce que l’on recherche, c’est l’expression de différentes personnalités de vin, cependant toutes orientées vers un axe principal : la concentration et la matière, avec du fruit et de la gourmandise bien sûr. Pour résumer nos vins, je dirais : richesse, puissance et structure.

 

Quelle est la part de jeunes dans les coopérateurs ?

Nous avons une majorité de coopérateurs de plus de 40 ans, mais aidons de jeunes viticulteurs à s’installer. Nous sommes très impliqués sur la reprise d’exploitations. Quand on apprend que des terres se vendent, on les propose à des jeunes : soit des enfants de coopérateurs, soit d’autres jeunes qui ne sont pas du tout dans la viticulture mais qui souhaitent s’installer autour de Cascastel pour devenir vignerons.