Olivier Verdale

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RENCONTRES VIGNERONNES

Olivier Verdale

Interview d'Olivier Verdale du Château St-Eutrope

Depuis ses parents âgés de 82 ans, en passant par son frère, jusqu’à ses 2 enfants qui envisagent de prendre la relève, tout le monde participe à l’élaboration de chaque millésime ! 

Quelle est l’histoire du Château St-Eutrope ?

Le domaine est une exploitation 100% familiale, que j’ai reprise en 1995 avec mon frère Jean-Louis et que nous avons fait grandir par la suite. Elle appartenait à mon arrière-grand-père. Cela fait déjà 4 générations qui se succèdent sur cette terre, tandis que la 5ème se prépare… Ma fille Emilie et mon fils Maxime ont l’intention de reprendre le flambeau dans quelques années, et de développer l’axe commercial notamment. Tous les deux sont déjà partie prenante de l’exploitation. Cette notion d’exploitation « familiale » me tient vraiment à cœur. Mes parents, âgés de 82 ans tous les deux, sont encore impliqués. Pour moi, reprendre une telle exploitation, c’est touchant.

 

Comment avez-vous appris le métier ? 

J’ai eu la chance de travailler avec de grands œnologues et de grands faiseurs de Corbières : M. Fabry et M. Codina qui m’ont transmis avec passion et bienveillance leur savoir-faire. J’ai travaillé 25 ans dans la cave coopérative de St-Laurent avant de reprendre le domaine familial. Et j’apprends encore tous les jours, en me remettant régulièrement en question.

 

Quelle est la production du château aujourd’hui ?

Le domaine s’étend sur 50 hectares, ce qui constitue une taille assez conséquente dans la région, et nous y produisons des vins en AOP Corbières - blanc, rosé et rouge - avec une partie en Corbières-Boutenac et une partie en Pays d’Oc.

 

Quel est le produit phare du domaine ?

Il s’agit de notre Corbières rosé : Le Redoutable, un vin de plus en plus apprécié de tout le monde ! Nous n’avons qu’une seule seule cuvée en rosé, positionnée très haut de gamme. D’ailleurs, elle remporte régulièrement des médailles d’or au Concours Général Agricole, et cette année nous en sommes au 2ème coup de cœur du Guide Hachette.

 

Quid du reste de la gamme ?

En rouge, nous avons produit pour la première fois du Pinot Noir en Pays d’Oc, très apprécié à l’apéritif, nous avons également la cuvée Maximus en AOP Corbières, le vin parfait pour les repas entre amis, ainsi que la Cuvée d’Émilie, notre haut-de-gamme en Corbières-Boutenac. Quant au blanc, nous en faisons peu, avec de vieux cépages que mes arrière grands-parents avaient plantés et que l’on ramasse à la main. Nous les conservons car ils font partie de notre patrimoine. 

 

Quels sont les atouts du domaine ? 

Nous essayons de bien travailler nos vignes, et nous nous remettons beaucoup en question. Mais surtout, il faut reconnaître que nous avons un excellent terroir… Celui de St-Laurent est tout simplement fabuleux ! 

 

Quelles initiatives prenez-vous en ce qui concerne l’environnement ?

Nous sommes passés HVE 3 en 2018. Nous avons eu un peu « d’avance » sur la décision des Corbières de généraliser le label HVE 3 à toutes les exploitations du syndicat, car j’avais fait partie des CTE (Contrats Territoriaux d’Exploitation) à l’époque, qui m’avaient en quelque sorte mis le pied à l’étrier. 

J’ai eu la chance de travailler avec de grands œnologues et de grands faiseurs de Corbières

Menez-vous des actions particulières pour la préservation de l’environnement ?

Nous sommes passés en confusion sexuelle à 100% depuis 3 ans, et avons considérablement réduit les intrants. Pour nous, les intrants ne s’arrêtent pas aux produits phytosanitaires : il y a aussi le carburant qui participe à l’impact écologique global de notre activité. Pour réduire cet impact, nous avons également décidé d’investir dans des tracteurs spécifiques, qui consomment la moitié du carburant consommé par les tracteurs traditionnels.

 

Quelle orientation donnez-vous à vos vins ? 

Nous nous efforçons chaque année d’apporter une qualité supplémentaire à nos vins. Cela passe surtout par de la technicité au chai. Là encore, l’équipe est 100% familiale. Nous dégustons régulièrement. Mes enfants, ma femme, mes parents… Tout le monde participe ! On voit s’il est nécessaire de cuver plus longtemps ou non. Surtout, nous nous adaptons au consommateur, et sommes en perpétuelle remise en question pour répondre au mieux aux attentes de nos clients. Par exemple, on ne savait pas bien faire les rosés il y a encore 5 ou 6 ans. Nous nous sommes adaptés, car le rosé est aujourd’hui plébiscité par les jeunes. Là, ce sont justement les jeunes, mes enfants, qui m’ont guidé ! 

 

Que pensez-vous du millésime 2019 à ce jour ? 

Cette année, nous nous dirigeons vers un très bon millésime. A nous de nous montrer patients et de bien vinifier. Il faut tirer la quintessence des raisins, car ils sont magnifiques cette année !

 

Quelle est votre opinion au sujet des vins de Corbières en général ?

Nos vins ont fait un énorme bond en qualité. Ne les bradons pas ! Relevons la tête, soyons fiers de nos vins et de notre Corbières. 

 

Pourquoi aimez-vous tant ce métier ? 

Pour être vigneron en Corbières, il faut être fier et passionné. Sinon, c’est trop compliqué. Moi, je pense que j’ai été baptisé avec un seau de Corbières dans la tête, je vous le dis honnêtement ! C’est comme ça, c’est une passion. Il faut être un peu fou aussi… 

 

Qu’est-ce qui vous chagrine en Corbières aujourd’hui ?

Ce que je regrette, c’est que les jeunes ne s’installent pas encore… Mais on va y arriver, car on est en train de relever la tête.