Pech Saint-Pierre

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RENCONTRES VIGNERONNES

Pech Saint-Pierre

Gravées sur le sol de la cave, les initiales « G.R. » accueillent le visiteur. Elles appartiennent à Guy Rivière, l’ancêtre des vignerons actuels. Le ton est donné, d’entrée de jeu : nous sommes dans un domaine 100% familial. C’est Patrick Rivière qui nous reçoit au Domaine Saint-Pierre des Champs, tout près de Lagrasse, alors qu’il s’apprête justement à passer le relai à son fils Maxime et sa belle-fille Solange. Quinze hectares de vignes, six cuvées, une bonne rasade de passion, et le tour est joué !

Comment êtes-vous devenu vigneron ?

Dans la famille, nous sommes vignerons de génération en génération. Mais pour ma part, j’ai très longtemps travaillé chez Orange. D’abord à Paris, Nice puis à Montpellier, où j’habite toujours d’ailleurs. C’est seulement lors du départ à la retraite de mon père, en 1995, que ma sœur (institutrice à Marseille) et moi nous sommes trouvés face à un dilemme. Que faire du domaine familial ? Finalement, nous avons décidé de le reprendre ensemble, d’y passer nos week-ends et nos vacances, et d’employer un ouvrier pour gérer le domaine pendant la semaine… Je suis resté polyactif de 1995 à 2015 !

 

Depuis quand le Domaine Pech Saint-Pierre est-il dans votre famille ?

Nous sommes vignerons depuis 6 générations… Mes arrières grands-parents étaient répartis en trois petites caves, disséminées à travers le village. Ce sont mes grands-parents qui, en 1934, ont acheté cette bâtisse. La cave date de 1876, mais elle a été si bien conçue dès le départ qu’on y a relativement peu touché. Elle était déjà vaste. On montait la vendange, donc le raisin tombait par gravité dans les cuves, ce qui était assez révolutionnaire pour l’époque. Comme elle n’abritait que de grands foudres en bois, mon père a construit dans les années 60 toute une batterie de nouvelles cuves, puis ma sœur et moi avons continué de moderniser l’ensemble, notamment en investissant dans un pressoir surélevé.

 

A part la cave, qu’avez-vous modifié par rapport à l’époque de votre père ?

J’ai commencé à faire de la bouteille en 1990, du temps de mon père. Avant cela, tout état vendu en vrac, et en monocépage : dans les années 90, nous n’avions presque que du Carignan ! Alors qu’aujourd’hui, ils ont presque disparu du domaine au profit de nouveaux cépages que nous avons plantés au fil des ans : de la Syrah, du Grenache, du Mourvèdre, du Cinsault, de la Marsanne, de la Roussanne, du Vermentino, du Muscat Petit Grain, du Picpoul, etc.

 

Quelle est la part de votre production vendue en bouteilles à ce jour ?

Depuis les années 2000, nous avons augmenté la bouteille et le BIB, ce qui représente 35% du volume total. Jusque dans les années 2000, je n’avais qu’une seule bouteille, un rouge. Puis je me suis aperçu que dans un domaine, il fallait avoir les 3 couleurs. La demande était là.

Nous vendons l’essentiel de notre vin sur l’arc méditerranéen, entre Menton et Perpignan

Quelle est votre gamme aujourd’hui ?

En AOC Corbières, nous avons un rosé, un blanc et deux rouges : Le Vin de Mon Père, élevé en barriques, notre haut-de-gamme, et L’authentique, non élevé, et plus sur le fruit. Comme vous pouvez le déduire des noms de mes cuvées, je suis fan de Pagnol… Souvenez-vous du Château de Ma Mère, et d’Ugolin dans Manon des Sources, qui ne cultive que l’authentique… Nous avons aussi deux cuvées en IGP (un Viognier et un Merlot).

 

Pouvez-vous nous en dire plus sur Le Vin de Mon Père ?

Je dis que c’est le reflet du domaine. Mon père a disparu en 2006, et l’année suivante je sortais cette cuvée en son hommage. Un chai à barriques se trouve sous la cave. On peut l’apercevoir par une vitre incrustée dans le sol de la cave. C’est là que cet assemblage, composé d’une majorité de Syrah, de Grenache et d’un zeste de Carignan, est élevé pendant 12 à 14 mois. Les barriques ne sont pas neuves, car je n’apprécie pas que le boisé prenne le pas sur le fruité. J’utilise volontairement des barriques de deux vins, que j’achète à Bordeaux.

 

Vous arrive-t-il de recevoir du public à la cave ?

Oui, nous accueillons les visiteurs de juin à septembre. Pour cela, on crée un bar dans la cave. Nous vendons d’ailleurs une bonne partie de nos BIBs et bouteilles en été. Car grâce à notre proximité de la route des châteaux cathares et de Lagrasse, il y a beaucoup de passage. Rien que dans le village de Lagrasse, il y a 13 restaurants ! Je suis implanté dans plusieurs d’entre eux, et les restaurateurs m’envoient gentiment des clients quand le vin bu à table leur a plu.

 

Où en êtes-vous de la certification HVE ?

C’est fait, nous sommes au niveau 3 depuis l’an dernier.

 

Quels sont vos projets pour l’avenir du domaine ?

Comme j’ai un certain âge, mon fils et ma belle-fille sont en train de reprendre le flambeau. Mon fils a 38 ans et il a rejoint l’entreprise en tant que salarié depuis 3 ans. Avant cela, il travaillait à Montpellier sur des plateformes téléphoniques. Ma belle-fille, anciennement coiffeuse, nous a rejoints depuis 2 ans, en tant que salariée également. Ce sont eux qui ont assuré tous les pressurages cette année. J’ai toute confiance en eux ce qui concerne la mécanique et le travail de la vigne !

 

Comptez-vous rester en soutien pendant un certain temps ?

Je vais les aider pour la gestion informatique, qui est devenue très complexe, pour la relation avec les fournisseurs car je les connais tous depuis 30 ans, et surtout pour la commercialisation sur Montpellier.

 

Où vendez-vous le vin du Pech Saint-Pierre à ce jour ?

Nous vendons l’essentiel de notre vin sur l’arc méditerranéen, entre Menton et Perpignan. Nous en vendons aussi un peu en Picardie car j’y ai de la famille, et un peu en Ile-de-France. J’envisage de développer les ventes sur Montpellier, mais aussi de démarcher la Belgique et la Bretagne. Un peu ambitieux sans doute, mais j’y crois !

 

Êtes-vous soulagé que vos enfants reprennent le domaine ?

J’en suis très heureux ! Cela permet au domaine de perdurer et de rester dans la famille. Ni mon fils ni ma belle-fille n’était dans le milieu pourtant... Aujourd’hui, ils vivent ici, à Saint-Pierre des Champs, dans une dépendance de la bâtisse. Ils se sont vraiment investis à fond tous les deux. Je pense vraiment que cela peut marcher, mais tout est une question de commerce ! En ce moment dans le vin, la situation est difficile car les cours du vrac sont bas. Or nous sommes encore tributaires du négoce, qui représente 60% de notre production.

 

Du coup, envisagez-vous d’augmenter la part vendue en bouteilles ?

Oui nous envisageons de faire plus de bouteilles.

 

Quel serait pour vous le rapport idéal ?

J’aimerais arriver à 60% de bouteille et 40% de négoce. Cela implique de pénétrer de nombreux de petits marchés, et prendra du temps…

 

D’autres projets pour augmenter les ventes ?

Nous allons démarrer la vente en ligne avec ma belle-fille, et tâcher d’accentuer la vente au domaine durant la période estivale.

 

Enfin, êtes-vous satisfait de la récolte 2020 ?

Si je n’avais pas été grêlé, j’aurais fait la récolte de la décennie ! La qualité est merveilleuse. Mais malheureusement, sur 15 hectares, 5 ont été grêlés. Sans cela, la quantité aurait été excellente aussi…